La Normandie c’est un cauchemar.

Certains poète ont écrit sur des terres qui chantent, comme la Provence ou la Toscane : la Normandie, elle rote.

Il y a des régions autour de la Méditerranée que la pluie lave avant que le soleil ne les blanchisse, et d'autres face à l’Atlantique où la bruine dilue les dunes, les villages et les espérances face à l’océan vorace.
En Normandie la pluie imbibe.

Cette terre noire dégorge quand on marche dessus un jus gras qui produit des bruits de fermentation répugnants.
Ce vert criard comme le maquillage raté d'une maquerelle décatie sur ce relief rond et mou, c’est le ventre gonflé d’un géant noyé, sorti de l’eau décomposé après plusieurs semaines.
Dans ces villages proprets aux fenêtre garnies de geranium, l’architecture révèle à qui sait regarder des habitants avides autant qu’avinés, comme tous les paysans qu’une terre trop généreuse permet de vivre comme des nouveaux-riches.

Comme la Manche est la terre de Don Quichotte, l’Angleterre celle du roi Arthur, l’Ombrie celle de Saint-François… la Normandie est la terre d’Emma Bovary (et du pharmacien Homais).

Ça ressemblerait presque à un village suisse mais du moins ce dernier est-il généralement dominé par quelques pics et glaciers qui lui redonnent un peu de grandeur. Mais où peut-on voir de la grandeur en Normandie ? Même leurs plages, par qui la mer pouvaient encore transmettre au pays un peu de la sienne… il a fallu qu’il les couvrent des corps graissés des vacanciers.

Le  mont Saint-Michel a préféré s’éloigner vers le large. La Normandie tente depuis des siècles de le rejoindre. En accumulant de la vase et de la boue dans la baie!

N’y allez pas, c’est trop immonde.

Mais revenons à nos moutons.

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