J’apprends par Anna venue commenter le précédent billet que certaine Arméno-irakienne de Kuala Lumpur use de crème cosmétique fort chère puisqu’à base de caviar. Il n’est pas précisé si ce dernier est bien de la Caspienne, ni même s’il s’agit de Beluga ou de Sevruga. Les fabricants auront sans doute omis ce détail sur l’étiquette ce qui est inadmissible.

Pour les malheureux désargentés, je m’empresse de signaler l’existence d’une crème à base de bave d’escargot élaborée après de longue recherches (les recherches, pour être crédibles, se doivent d’être longues) entreprises après que les travailleurs d’une élevage latino-américain de ces gastéropodes eurent constaté qu’ils avaient les pognes toutes douces ce qui devait être pour eux la source d’une infinie satisfaction, n’en doutons pas.

La Crema de Caracol esta hecha con esencia obtenida de las secreciones del caracol Helix Aspersa Müller y enriquecida con Vitamina A y E.
La Crema de Caracol tiene qualidades regeneradoras, hidratantes, rejuvenecedoras, exfolidoras y nutritivas. Perfecta para ayudar eliminar manchas, acne y cicatrizes.
La Crema de Caracol contiene poderos ingredientes naturales incluidos: Alantoina, Elastina, Colageno, Acido Glicolico, Peptidos naturales, Proteinas y Vitaminas.

Je savais qu’il existait des crèmes hidratantes au concombre. J’ai connu également des jeunes filles qui se faisaient des masques avec des rondelles de la même cucurbitacée ce qui donnait à leur visage l’aspect d’une tarte sur le point d’être enfournée.
J’ai suggéré à ma compagne, qui refuse obstinément de se faire des masques de rondelles de quoi que ce soit, de se faire des masques d’escargot : on irait en chercher le dimanche, après l’averse, dans des chemins creux qui sentiraient la terre mouillée et où bruiraient des feuillages ployant délicatement sous le poid de l’eau accumulée. De retour à la maison, je les placerais amoureusement sur son doux minois pour qu’ils l’arpentent en tout sens jusqu’à effacer l’outrage des ans. Elle ressemblerait à une installation de Dali. Je pourrais me laisser pousser des moustaches.

Tout ceci me fait me souvenir d’un médicament qui me fut prescrit il y a fort longtemps dont la notice, que je lus soigneusement comme tout hypocondriaque qui se respecte, précisait que l’excipient en était à base de sperme de baleine. J’en étais resté perplexe, ne sachant guère comment on pouvait récolter cette denrée, et je continue de ne pas savoir si les bateaux baleiniers à bord desquels on dépèce ces pauvres bêtes disposent de machines semblables à de grands presse-oranges automatiques pour y presser des roubignoles fraichement extraites de la gigantesque et sanguinolente dépouille, ou si le laboratoire fabricant entretient une escouade de plongeurs qui s’approcheraient prudemment des troupeaux en migration, en zodiac et à la pagaie pour ne pas faire de bruit, pour aller masturber les mâles, munis d’un sac en plastique type sac-poubelle de cent litres.

Un iguane du zoo d’Anvers, atteint de priapisme, ne bénéficiera pas de ce traitement et devra être amputé de son incontrôlable membre. Cela ne devrait le gêner que modérément, selon les vétérinaires, puisqu’il dispose d’un deuxième et qu’au reste aucun des deux n’est utilisé par l’urètre. Nous voilà donc rassurés.

Pendant ce temps, écœurées sans doute par tout ce qui précède, les varans femelles des zoos anglais ont décidé de se reproduire par parthénogénèse et se sont mises à pondre sans qu'aucun mâle soit intervenu.

Mais revenons à nos limaces.


CUL_DE_LAMPE